L’œil sec :
une pathologie chronique

On estime que 7 à 8 millions de Français seraient concernés par la sécheresse oculaire, et qu’environ 30 % des consultations chez l’ophtalmologiste seraient directement ou indirectement liées à cette pathologie. Si elle est courante, elle ne doit pas pour autant être prise à la légère, car c’est une pathologie chronique qui s’aggrave avec le temps.

Le cercle vicieux
de l’œil sec

La sécheresse oculaire s’inscrit dans un double cercle vicieux. 

D’une part, elle entraîne une inflammation – souvent première cause de consultation chez l’ophtalmologiste – qui aggrave elle-même la sécheresse. 

D’autre part, elle est la cause et la conséquence d’une atrophie des glandes de Meibomius, essentielles au maintien d’une bonne hydratation de la surface oculaire. En effet, ces glandes, situées sur la face postérieure des paupières, sécrètent du meibum, un corps gras qui limite l’évaporation des larmes (voir symptômes). Lorsqu’elles dysfonctionnent, leur sécrétion est plus visqueuse. Elle stagne, les orifices meibomiens se bouchent et les glandes s’atrophient. Plus les sécrétions sont anormales, plus les glandes dysfonctionnent… Le cercle vicieux est enclenché, pouvant mener à l’atrophie complète et irréversible de ces glandes.

Ces deux facteurs s’entrelacent étroitement. Le dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM) joue un rôle clé dans ce schéma, qui est aggravé par l’inflammation avec pour conséquence une hyperviscosité meibomienne et une occlusion des orifices meibomiens.

Au final, les différentes causes de sécheresse oculaire conduisent à des troubles communs, qui entremêlent inflammation, instabilité du film lacrymal et DGM. 

Il s’agit ainsi d’une vraie maladie chronique évolutive et indolore. Le problème est qu’en ne la diagnostiquant pas, on peut masquer son évolution en ne traitant que ses symptômes les plus évidents, avec des larmes artificielles par exemple.