La blépharite

La blépharite est une inflammation du bord des paupières fréquente à tous les âges de la vie. Elle est fortement corrélée à la sécheresse oculaire. Elle peut être antérieure, postérieure, ou mixte.

Comprendre la blépharite

La blépharite peut être le résultat de causes diverses : infection bactérienne (staphylocoque) ou virale (herpès), allergie, maladie dermatologique, en particulier la rosacée qui s’accompagne souvent de cette inflammation. La blépharite dite postérieure, localisée sur la face postérieure des paupières, est la plupart du temps causée par un dysfonctionnement des glandes de Meibomius.

Les paupières sont rouges, irritées, gonflées. Elles peuvent être collées au réveil. La personne atteinte ressent une sensation de brûlure ou de corps étranger. Des croûtes peuvent se former à la base des cils. Les blépharites causées par l’obstruction des glandes de Meibomius peuvent être chroniques. Des chalazions peuvent également apparaître.

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Évolution et traitement

La blépharite est inesthétique et gênante mais elle ne provoque pas de lésion de la cornée ni de perte de vision. Aussi est-elle parfois négligée par la personne atteinte comme par l’ophtalmologiste. Il est cependant essentiel qu’elle soit prise en charge, d’autant qu’elle a tendance à récidiver. Or une blépharite chronique prédispose à la sécheresse oculaire par l’instabilité du film lacrymal qu’elle induit. 

On traite en premier lieu la cause de l’inflammation : retrait de l’allergène en cas de blépharite allergique, antiviraux en cas de blépharite virale, pommade ou collyre antibiotique en cas de blépharite bactérienne, etc. Mais au-delà, des soins d’hygiène des paupières (SHP) sont indispensables et doivent être maintenus au long cours pour éviter les récidives. De même que l’hygiène bucco-dentaire est devenue une pratique standard, l’hygiène des paupières ne doit pas être négligée.

Les SHP, en réduisant l’inflammation, sont de fait indiqués quel que soit le type de blépharite en cause. 

Les soins d’hygiène
des paupières

Le concept d’hygiène des paupières a évolué avec le temps. Le bain oculaire avec une œillère en verre et le nettoyage des paupières avec une lingette stérile, bien insuffisants dès lors qu’il existe une dysfonction des glandes de Meibomius et/ou une blépharite, ont laissé la place à un arsenal thérapeutique plus efficace.

La triade « chauffer-masser-nettoyer » est désormais la règle. 

- Chauffer : les paupières doivent être réchauffées pendant 5 à 10 minutes, idéalement à l’aide d’un masque à placer au micro-onde ou au bain-marie. Une chaleur humide aux alentours de 43 °C est recommandée. Il existe aussi des lunettes chauffantes à chaleur humide.

- Masser : directement après le chauffage, il s’agit de masser fermement les paupières pour libérer les sécrétions liquéfiées des glandes de Meibomius. Le massage peut être fait du bout des doigts ou à l’aide d’un dispositif en silicone médical adapté.

- Nettoyer : les paupières sont nettoyées à l’aide d’une solution spécifique, préférable au simple sérum physiologique, en insistant sur les bords libres et les cils. Un lavage oculaire peut dans tous les cas se révéler utile à la fin de chaque soin.

Ces soins doivent être quotidiens, ou bi-quotidiens en particulier pour les personnes atteintes de blépharite.

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À noter : certains ophtalmologistes peuvent proposer des séances de micro-blépharo-exfoliation. Cette technique, qui consiste à nettoyer complètement la paupière à l’aide d’une brosse électrique dédiée, a montré son efficacité en complément de soins d’hygiène biquotidiens, notamment en cas de blépharite à demodex (une forme infectieuse causée par les acariens Demodex).